L'Histoire jalonne de nombreux parcours de randonnée. Fréquemment, la préparation d'une randonnée fait découvrir un site, un patrimoine, une légende... Ne laissez pas passer l'occasion de partager avec toutes et tous ce qui mérite d'être raconté. Rédigez un texte et envoyez-le à l'ARRP, il alimentera cette page. 


SAINT-ADRESSE

 

Saint-Denis-Chef-de-Caux, devenu Sainte-Adresse, était la dernière valleuse du Pays de Caux, où résidait depuis le Moyen-Âge, une population de paysans et de pêcheurs. Le village se nichait entre mer et falaise, sur le bord de l’estran, là où quelques siècles plus tard surgirent en peu de temps les belles villas du quartier du Nice-Havrais. Il était abrité vers l’ouest par un promontoire, formant un cap qui s’étendait jusqu’à l’actuel banc de l’éclat. Son église paroissiale était nichée au creux de cet arc protecteur.

En 1370, cette belle cité, Saint Denis Chef de Caux, fut anéantie par une prodigieuse tempête un peu au large du cap de la Hève au Nord ouest de Ste Adresse.

De nos jours, ses vestiges un temps entrevus par l’abbé Cochet du fait d’éléments ramenés jusque sur la grève, ne sont que sous cinq à dix mètres d’une eau souvent claire. Un peu d’eau sous laquelle de prodigieuses découvertes pourraient être faites dans l’avenir.

La cité était prospère et célèbre par son église qui possédait, entre autres reliquaires précieux, une tête d’or massif supposée contenir le crâne de Saint-Denis. Au Moyen Age, cette petite ville qui vivait uniquement par et pour la pêche, était donc le siège d’importants pèlerinages.

En 1370, les chroniques attestent d’un formidable raz-de-marée qui attaqua sans prévenir les côtes voisines du Havre, et fut à l’origine d’effondrements du sol par plaques tectoniques entières. C’est dans ces conditions que Saint Denis Chef de Caux s’effondra littéralement dans la mer, et d’un seul coup. De nos jours, les spécialistes qui ont étudié ce phénomène penchent pour un formidable tremblement de terre sous-marin, entre la France et l’Angleterre, qui aurait soudainement provoqué un énorme effet de Tsunami. Ce n’est donc pas la vague géante qui aurait fait s’écrouler le socle qui, au large du Havre, soutenait cette cité, mais plus vraisemblablement le tremblement de terre lui-même. Après quoi la ville soudainement tombée au niveau des flots aurait été, en quelques minutes seulement, totalement submergée par la vague géante. Il y eut très peu de survivants à la catastrophe. En fait, à peine une poignée d’habitants qui bien sûr ne purent rien sauver, et trouvèrent refuge au château de Vitanval, manoir encore situé dans le bourg de Sainte-Adresse. Par la suite, l’eau aurait continué de recouvrir, avec peu de profondeur, l’emplacement maintenant balayé de l’ancienne cité.

En 1840, le célèbre abbé Cochet, grand archéologue normand, s’intéressa de près, mais avec les moyens de l’époque, aux vestiges de la cité disparue. Il avait en cela été alerté par de nombreuses découvertes régulièrement faites par des pêcheurs sur les grèves même du pied du cap et dans les failles des rochers qui y saillissent. Ces découvertes étaient principalement des monnaies d’âges divers, des temps gallo-romains jusqu’au Moyen Age. Et figurez-vous que sans avoir eu seulement à se mouiller les pieds, profitant vraisemblablement des grandes marées, l’abbé Cochet collecta sur les grèves de nombreuses tuiles romaines, des poteries antiques intactes pour certaines, et même un très ancien baptistère. Ce en quoi il en déduisit qu’il avait mis la main sur ce qui avait autrefois orné l’église de la cité disparue. Or, cette découverte n’est pas sans intérêt, car si un tel élément a survécu, il se peut très bien qu’il en soit de même d’autres ornements provenant de cette église originelle, dont, pourquoi pas, la tête d’or renfermant le chef de Saint-Denis.


PONT AUDEMER

 

Des fouilles archéologiques attestent d’une occupation du site depuis la Préhistoire. La Risle (qui traverse la ville) est un fleuve aux eaux vives en Normandie, frontière naturelle, son franchissement est important pour les populations. Ainsi, Pont-Audemer fut fondée sur un des points les plus étroits du cours d’eau, où sa traversée était la plus aisée, en un lieu qui était de plus propice au développement d’activités humaines (bois, eaux abondante, riches prairies…). La ville apparaît officiellement pour la première fois dans des documents de la période gallo-romaine : c’est un poste militaire romain implanté pour protéger deux ponts construits pour permettre à une voie romaine, reliant les cités romaines de Juliobona (Lillebonne) et Noviomagus (Lisieux), de passer la Risle. Tout naturellement, le bourg prend alors le nom de " Duos Pontes " (Les Deux Ponts) et se développe. Sa croissance est troublée par les invasions barbares qui débutèrent à la fin du IIIème siècle. L’arrivé au pouvoir des Francs n’entraîne vraisemblablement que peu de changements : la population reste la même (il n’y a quasiment aucune présence franque), exceptée, peut-être, celle de quelques membres de sa noblesse qui prendront, en certains endroits, la place de l’aristocratie gallo-romaine, aux postes de commandement. Puis, viennent les raids scandinaves qui remontent la Risle et pillent la région à partir du VIIIème siècle. On ne sait pas précisément quand mais il semble que c'est à cette époque que les ponts romains furent détruits ou tombèrent en ruine, la traversée de la Risle devant se faire dès lors par bac. Plus tard, un certains Aldemarus, un comte carolingien (d'origine germanique) qui aurait protégé la ville des scandinaves au IXème siècle, reconstruisit un pont. Ce pont appelé progressivement « Pons Aldemari » donna à son tour son nom au bourg.

 

Rapidement, son dynamisme économique lui a imposé d’organiser sa protection : un château au XIème siècle, des fortifications au XIIème siècle et une charte des communes au XIIIème siècle.

Les convoitises des uns et des autres lui ont apporté souffrances et violences : pendant la guerre de cent ans et les guerres de religion ou par de fortes demandes royales en faveur des garnisons. Ville de lutte et d’ouverture, par une volonté farouche, elle s’est opposée aux envasements inéluctables de la Risle qui lui donnait ouverture sur la mer, vers le monde.

Quand a sonné l’heure de l’industrialisation, elle a su faire appel aux étrangers au savoir-faire dominant. C’est ainsi que dès le XVIIIème siècle des ouvriers anglais et leurs familles sont venus s’installer à Pont-Audemer pour y apporter des techniques nouvelles sur le tannage des cuirs, pourtant spécialité de la ville depuis le Moyen-âge.

 

L’anglais Eliott a introduit la fonte malléable pour la bouclerie, l’anglais Bayle après avoir construit des voies de chemin de fer y a créé une papeterie, Thierry Hermès, le fondateur de la maison Hermès de Paris, est venu de Prusse pour s’y installer et apprendre le métier de sellier. Ces étrangers avaient en commun la pratique d’une religion réformée : protestantisme et anglicanisme. Une grande solidarité existait entre eux qu’ont su mettre à profit les Pontaudemériens. Cet esprit d’ouverture, comme culture d’entreprise, a permis à la ville au cours des siècles de maintenir une prospérité presque constante.

Forte de tous ces équilibres, Pont-Audemer a su traverser la crise qui a fait suite aux trente glorieuses, saisissant une nouvelle fois les opportunités des industries de pointe, appelant des groupes étrangers, pour demeurer le cœur du bassin de population de l’ouest de l’Eure.

 


POIDS CULTUREL DE LA MARCHE EN GRANDE-BRETAGNE

 

La résonance et le poids culturel de la marche ne sont nulle part aussi importants qu'en Grande-Bretagne. Le dimanche, plus de dix-huit millions de Britanniques vont se promener à la campagne, et dix millions d'entre eux affirment marcher pour se distraire ou se détendre. Les guides de randonnée occupent des rayonnages entiers dans les librairies; ce genre est tellement institutionnalisé, là-bas, qu'à côté des ouvrages classiques (par exemple ceux d'Alfred Wainwright, imprimés en écriture cursive et illustrés, qui présentent les régions les plus reculées du pays) le lecteur en trouve aussi de plus subversifs (tel l'itinéraire tracé au travers de différentes propriétés privées par Terry Howard, un habitant de Sheffield qui défend le droit des promeneurs d'aller et venir librement). Les dizaines de périodiques britanniques consacrés aux excursions à pied s'intéressent plus aux beautés et aux particularités des paysages qu'à l'aspect sportif ou salutaire de cette activité. "C'est presque un exercice spirituel, presque une religion, m'a confié l'écrivain Roly Smith. Si tant de gens aiment se promener, c'est pour des raisons sociales : il n'y a plus de clôtures, sur la lande, tout le monde salue tout le monde - enfin une occasion de surmonter la fichue réserve britannique. La marche est un des rares sports pratiqués par toutes les catégories sociales."

 

La liberté d'aller et venir dans la campagne ne fut cependant obtenue qu'au prix d'un long combat qui n'est pas sans rapports avec la lutte des classes. Un millénaire durant, les propriétaires terriens ont séquestré à leur seul usage des parties de plus en plus importantes du territoire, et voilà maintenant cent cinquante ans que les gens qui ne possèdent pas la terre se battent pour y avoir accès. Après avoir conquis l'Angleterre, en 1066, les Normands s'approprièrent d'immenses espaces de bois et de prés pour la chasse. Braconniers et glaneurs encouraient des peines extrêmement sévères qui, selon les endroits et les époques, allaient de la castration à la déportation, voire à l'exécution (à dater de 1723, par exemple, la prise de lapins ou de poissons, et à plus forte raison de cervidés, était considérée comme un délit punissable de mort). Les terrains dits communaux n'étaient le plus souvent que des portions de propriété privée sur lesquelles les villageois conservaient le droit de couper du bois et d'élever du bétail ; quant aux droits de passage traditionnels (les chemins à travers bois et champs que tout un chacun pouvait emprunter sans s'inquiéter de savoir à qui appartenaient les terres), il fallait bien les maintenir pour que les commerçants et les voyageurs puissent circuler. En 1695, une décision du Parlement écossais abolit le régime des communaux, tandis qu'en Angleterre le mouvement des enclosures (clôture des terres approuvée par plusieurs textes de loi, et saisie illégale mais imposée par la force de terrains communaux) s'accéléra au cours du XVIIIe siècle.

En décidant de clore les espaces lucratifs des pâtures ou des champs qui étaient les corollaires des somptueux jardins paysagers de l'époque, les grands propriétaires terriens annexèrent souvent les communaux dont les paysans avaient la jouissance. Au XIXe siècle, l'engouement maniaque pour la chasse qui s'empara des aristocrates britanniques les conduisit à séquestrer des terres appartenant au domaine public, que les petites gens cultivaient pour assurer leur subsistance. En Ecosse, les Highland Clearances (mouvement d'évacuation forcée poursuivi de 1780 à 1855) furent particulièrement brutales et se traduisirent par le déplacement d'une partie importante de la population. Beaucoup des personnes ainsi chassées émigrèrent en Amérique du Nord ; les autres se réfugièrent sur les côtes où elles tentèrent vaille que vaille de survivre sur des fermes minuscules. A croire que la chasse au coq de bruyère, au faisan et au cerf pratiquée quelques semaines par an justifiait cette confiscation de milliers et de milliers d'hectares, encore dûment surveillés de nos jours par des bataillons de garde-chasse qui n'hésitent pas à user de violences ou de menaces pour dissuader les intrusions.

 

En même temps que de plus en plus de Britanniques choisissaient de consacrer leurs loisirs à la marche, la fermeture des droits de passage s'accéléra. Une loi votée par le Parlement en 1815 allait jusqu'à accorder aux juges tout pouvoir de trancher les litiges qu'elle provoquait. La première "Association pour la protection des anciens chemins" fut créée dans la région de York en 1824, suivie deux ans plus tard par une association du même nom à Manchester. Née en 1845, la "Société écossaise pour les droits de passage" est aujourd'hui la doyenne des associations de ce genre, tandis que la "Société pour la sauvegarde des communaux, des espaces naturels et des sentiers", fondée en 1865, s'est perpétuée sous le nom de "Société des espaces naturels" et a gagné le combat mené pour sauver la forêt d'Epping, près de Londres. D'une superficie de quatre mille hectares en 1793, cette forêt en avait perdu près de mille en 1848, et dix ans plus tard elle fut fermée au public qui pouvait jusqu'alors s'y promener librement. Pour protester contre sa clôture (qu'une décision de justice obligea par la suite à retirer) et les sévères amendes infligées à trois paysans qui s'y fournissaient en bois, cinq à six mille personnes vinrent y exercer leur droit à jouir de ses espaces. En 1884, des hommes d'affaires londoniens mirent sur pied un club de randonnée avec l'intention affichée "de marcher dans la forêt d'Epping et de rendre compte des entraves constatées". L'époque vit fleurir quantité d'initiatives du même genre.

 

Reste que les grandes marches sciemment organisées en violation du droit de propriété ont changé la face de la campagne anglaise.

 

Pour un Rousseau et un Wordsworth, les écrivains au départ de l'histoire de la marche à la découverte du paysage, la libération sociale passait par l'amour de la nature ; aucun d'eux, par chance, n'avait prévu le scoutisme, l'ingéniosité sans limites des fabricants de matériel et autres retombées lointaines de l'engouement pour la marche. Les clubs de randonnée ont permis aux citoyens ordinaires de se rapprocher de l'idée rousseauiste ou wordsworthienne du marcheur idéal, qui se déplace à son gré avec un minimum de bagages.

 

                                                                                                        Extraits de "L'Art de Marcher" -  Rebecca Solnit - Actes sud 2002


LA VALLEE DU CAILLY

 

L'occupation de la vallée du Cailly est ancienne ; des terres fertiles, la présence d'une rivière aux eaux vives et d'un couvert forestier à proximité s'avérant des conditions favorables à l'implantation des hommes. La découverte de pierres taillées laisse suggérer la présence d'une communauté de chasseurs-cueilleurs dès l'époque moustérienne, voici quelque 30 à 40 000 ans. En revanche, peu de vestiges de la période romaine ont été mis au jour, même si le Cailly est connu des contemporains sous le nom de Maronnal. La rivière entre véritablement dans l'histoire au Moyen Âge; les Mérovingiens  y construisirent une vaste église au VIIe siècle sur l'actuel territoire communal de Notre-Dame-de-Bondeville, le XIIe siècle vit l'implantation de nombreux moulins utilisant la force hydraulique pour actionner des meules à broyer ou des marteaux à foulon. Le développement économique se poursuivit, durant l'époque moderne, de la fin du XVe siècle au XVIIIe siècle, avec la mise en service de plusieurs dizaines de nouveaux moulins à poudre, à plomb et surtout à papier. Profitant de la proximité de Rouen, la vallée du Cailly devint un grand centre de l'industrie papetière.

 

L'année 1762 marqua un tournant dans l'histoire de la région avec l'installation d'une manufacture spécialisée dans la production de cotonnades (appelée indiennerie). À la fin du XVIIIe siècle, et surtout après 1815, la production textile supplanta définitivement celle du papier, les communes de la vallée virent s'installer une multitude d'établissements utilisant la force de la rivière : filatures, ateliers de tissage, teintureries. Vers 1850, près de 120 usines se localisaient entre Malaunay en amont et Déville-lès-Rouen en aval (une tous les 150 mètres environ !), cette densité impressionnante permit de donner à la vallée du Cailly le surnom évocateur de petite vallée de Manchester. Bientôt, le développement de la machine à vapeur aboutit à une concentration des entreprises. Le nombre d'usines décrût, celles qui subsistèrent étaient plus puissantes et offraient à la vue de vastes bâtiments et de hautes cheminées en brique. Le nombre d'établissements se réduisit encore dans les années 1860 en raison de la forte concurrence britannique intervenue après la signature d'un traité de libre-échange entre la France du Second Empire et l'Angleterre victorienne en 1860, de la rupture des approvisionnements en provenance des États-Unis avec la guerre de Sécession et de la nécessité de modifier l'outillage pour utiliser le coton importé des Indes. De nouvelles industries s'implantèrent à la fin du XIXe siècle : fonderies, margarinerie…, la production cotonnière se maintenant tant bien que mal jusqu'aux années 1930. La grave crise économique de cette décennie, puis, après la Seconde Guerre mondiale, la concurrence des fibres synthétiques (nylon) et la disparition du marché impérial liée à la décolonisation, donnèrent le coup de grâce à l'industrie textile. Les entreprises fermèrent les unes après les autres ; aujourd'hui rares sont celles encore liées au textile (Établissements Laoureux à Déville-lès-Rouen) dans cette vallée où cette activité marqua, pendant plus de deux siècles les paysages, l'habitat et les hommes.


HISTOIRE DE CLERES

 

Le nom de Clères proviendrait de Clara, signifiant source  en celtique ou du féminin de clarus, origine latine de l'adjectif clair. L'orthographe a varié dans le temps; c'est ainsi que l'on trouve souvent Claire ou Clères au 18e siècle.

Les seigneurs de Clères sont identifiés dès le XIe siècle puisque l’un d’entre eux combattit à Hastings aux côté de Guillaume le Conquérant et devait être son demi-frère. Ses successeurs participèrent à la première croisade et à la troisième.

Le château situé au cœur du zoo de Clères est un témoin de l’histoire de la Normandie

 

A cette époque le château n’est pas décrit ni réellement mentionné, mais il est probable qu’un château à motte ait existé. En terre et en bois, ces fortifications étaient constituées d’une butte surmontée d’une structure en bois le tout entouré de fossés et de talus puis entouré d’une courtine et d’une basse-cour, également fortifiée.

Ces châteaux, nombreux en Normandie ont été remplacés au XIIe  siècle puis au XIIIe siècle par des structures en pierres, plus solides et nécessaires pour faire face aux différentes menaces (exemple le château d’Arques-la-Bataille (76), ou de Conche en Ouche(27)).  Le château de Clères fait vraisemblablement partie de cette typologie de château.

 

Au XVe siècle, un seigneur de Clères fut tué à Azincourt en 1415 et le château en partie détruit par les Anglais en 1418.

Le bourg fut ensuite ravagé par les troupes de Charles le Téméraire en 1472, ainsi que dix-sept villages aux alentours.

Durant la guerre de cent ans 1337-1453, le château de Clères est occupé par les anglais et le chevalier John Grey en devient le capitaine. C’est un personnage important qui mena 35 hommes et 96 archers lors de la bataille d’Azincourt.

À l’issu de la guerre de cent, les bourguignons ravagèrent les campagnes normandes et l’on estime que c’est à cette période que le « vieux château » fut particulièrement endommagé.

Au XVIe siècle Georges III  puis Georges IV de Clères font les travaux nécessaires à la reconstruction du château. C’est de cette époque que date le corps de logis qui aujourd’hui est le château principal de Clères.

Les ruines qui sont visibles aujourd’hui datent sans doute de cette époque, même s’il semble qu’elles aient été remaniées au XIXe afin de conserver un caractère romantique au parc.

 


 

A DIEPPE TOUJOURS DE BELLES DECOUVERTES

 

Le 16 février 2025, une vingtaine de randonneurs de l'ARRP se sont retrouvés à Dieppe pour un parcours d'une quinzaine de kilomètres les emmenant du château jusqu'au Puys et retour via la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours et ses ex votos de marins perdus en mer, notamment pour la défense de la patrie.

Quai Henri IV, l'hôtel d'Anvers a retenu l'attention des Arrpistes qui ont découvert que les colonnes entourant la magnifique porte d'entrée ont été ajoutées au début du 20è siècle afin de correspondre au tableau de William Turner "Harbor of Dieppe", visible à New York à la Frick Collection.

Dans l'entrée, une fresque du port d'Anvers est également exposée, ce qui double l'intérêt de cet immeuble magnifique.


La Place du Boulingrin en 1900 et l'Histoire du Cirque de Rouen, en illustration de la randonnée du jeudi 4.12 "La haute ville"

 

Construit en 1894 et détruit en 1973, le Cirque de Rouen a été pendant de nombreuses années la plus grande salle de spectacle de la ville de Rouen. Il peut, en effet, recevoir jusqu'à 3 000 spectateurs, mais il comprend également des écuries, une salle des fêtes de 1 000 places et une brasserie.

Deux cirques se succèdent : le Piège et le Rancy.

 

Le cirque est inauguré le 18 octobre 1894 par un gala auquel assistent 3 000 personnes.

En 1896, avec la foire Saint-Romain, des séances de cinématographe y sont projetées, organisées par Pathé, Omnia et Gaumont, qui en fait la première salle rouennaise. Au début du XXe siècle, des congrès s'y organisent, comme celui de 1905 avec la présence de Jean Jaurès, Aristide Briand et Pierre Renaudel.

De 1941 à 1962, il accueille les saisons lyriques rouennaises en attendant la reconstruction du Théâtre des Arts détruit en 1944. Il accueille à cette occasion : Duke Ellington en 1950, Roberto Benzi en 1952 ou encore Louis Armstrong en 1955 et Roger Nicolas en tournée en 1958. Au cours des années 1960, des groupes de rock rouennais s'y produisent : les Rapaces, les Météores… En 1968, les étudiants occupent le cirque. Trop vétuste, le cirque ferme en avril 1973 pour être démoli à partir de septembre 1973. Le cirque se trouvait boulevard de l'Yser, à proximité de la place du Boulingrin, à l'emplacement du terminus du métro de Rouen.


LA COULÉE VERTE A PARIS

 

La coulée verte emprunte le tracé parisien de l'ancienne ligne de Vincennes, qui relie à partir de 1859 la gare de la Bastille à Verneuil-l'Étang en passant par Vincennes. Désaffectée en 1969, une partie est intégrée au RER A, tandis que le tronçon Paris-Vincennes reste à l'abandon.

 

La zone est réaménagée à partir des années 1980. En 1984, la gare de Paris-Bastille est démolie pour laisser place à la construction de l'opéra Bastille. La ZAC Reuilly est conçue à partir de 1986 ; située entre l'avenue Daumesnil et les rues Montgallet et de Reuilly, elle vise à réintégrer l'emprise ferroviaire de la gare de marchandise de Reuilly en réaménageant le quartier autour d'espaces verts. Le projet de la promenade est mis en place au même moment afin de réutiliser le reste de la ligne désaffectée, entre Bastille et la porte de Montempoivre.

La Promenade plantée est créée à partir de 1988 par le paysagiste Jacques Vergely et l'architecte Philippe Mathieux ; elle est inaugurée en 1993. Les arcades du viaduc des Arts sont réhabilitées en 1989 par l'architecte Patrick Berger. Sur le trajet, le square Charles-Péguy est inauguré en 1989, le jardin de Reuilly est conçu entre 1992 et 1998, le jardin de la gare de Reuilly est créé en 1995.

 

Depuis juillet 2009 (vœu adopté par le Conseil de Paris) et officiellement depuis mars 2013 (commission d'attribution des noms), la promenade plantée s'appelle désormais « coulée verte René-Dumont », du nom de l'agronome français René Dumont (1904-2001), qui fut par ailleurs, en 1974, le premier candidat écologiste à une élection présidentielle.


LE CHATEAU DE VINCENNES


Dans l'Antiquité, la zone du château côtoyait une voie romaine reliant Lutèce et Meaux, via Chelles. Cette voie serait, aujourd'hui encore, partiellement reprise par la rue de Fontenay.

 

Le document le plus ancien mentionnant la forêt de Vincennes est la confirmation par Charles le Chauve d'un échange, en 848, entre l'évêque de Paris et l'abbé de Saint-Maur. Tous les actes postérieurs à 980 indiquent le bois comme propriété royale, sans qu'on connaisse les circonstances de son entrée dans le domaine royal.

 

La première construction est une résidence royale aménagée avant 1178 par Louis VII dans la forêt de Vincennes.

Elle devient un manoir, résidence royale de villégiature, en 1180, sous le règne de Philippe Auguste. En 1183, un mur est érigé autour du bois pour créer une réserve de chasse.

 

Saint Louis (1214-1270), qui y séjourne souvent, y est représenté par l'histoire traditionnelle en train de rendre la justice, assis sous un chêne. En 1274, Philippe III s'y marie en secondes noces, et deux rois y sont morts : Louis X, en 1316, et Charles IV, en 1328.

 

Vers 1337, Philippe VI de Valois décide de fortifier le site en construisant un donjon à l'ouest du manoir.

 

Charles V de France, né dans la forteresse le 21 janvier 1338, en fait sa résidence, le siège de son gouvernement et de la haute administration. Il fait réaliser les travaux prévus par Philippe VI, y ajoutant par la suite l'enceinte monumentale avec ses portes et ses tours. Le donjon est édifié vers 1365. Sa construction a débuté entre 1336 et 1340. En 1369, on installe des machines de guerre sur les terrasses. La grande enceinte de 11 mètres de hauteur est élevée entre 1372 et 1380 ; la muraille avec chemin de ronde ceinturant donjon, manoir, Sainte-Chapelle et bâtiments résidentiels, est achevée en 1380.

 

Lorsque Louis XI de France fait de Vincennes sa résidence, il quitte les appartements royaux du donjon pour un pavillon neuf de plain-pied, édifié en 1470 dans l'angle sud-ouest du château.

 

Après l'assassinat d'Henri IV, son fils, le jeune Louis XIII, est installé à Vincennes dans l'ancien pavillon de Louis XI et y passe une partie de sa jeunesse.

Le château devient ainsi la troisième résidence royale. C'est de Vincennes que Louis XIV se rendit le 13 avril 1655, « en habit de chasse » au Parlement de Paris, faire lit de justice pour imposer ses édits fiscaux.

 

Le donjon fut aménagé en prison d'État de prisonniers de haute naissance dès le XVIIe siècle. Sa capacité ne lui permettait pas d'héberger plus de quatorze détenus. Le duc de Beaufort, principal chef de la « cabale des Importants », emprisonné sur ordre d'Anne d'Autriche, s'en évade en 1648. Le cardinal de Retz alla y méditer sur la Fronde dans l'ancienne chambre de Charles V. Nicolas Fouquet, qui avait lancé l'architecte Le Vau, eut également droit aux honneurs de la prison de Vincennes, à la suite de son procès de trois ans (1664) et avant son transfert dans la place forte royale de Pignerol.

 

Au XVIIIe siècle, il hébergea la manufacture de Vincennes, spécialisée dans la production de porcelaine, qui devint plus tard celle de Sèvres. Le donjon resta prison d'État. Y furent entre autres internés Voltaire, le marquis de Sade (de septembre 1778 à février 1784) et Mirabeau. Diderot quant à lui ne fut pas emprisonné dans le donjon mais dans un bâtiment attenant à la Sainte-Chapelle désormais détruit.

 

Par un édit de février 1788, Louis XVI décide d'aliéner,  par la vente ou la démolition, le château parmi plusieurs résidences royales ou bâtiments indépendants de la Couronne qui ne sont plus utilisés et dont l'entretien constitue un gouffre financier, dont ceux de Choisy-le-Roi, Madrid, la Muette et Blois.

 

Louis-Antoine de Bourbon-Condé est exécuté dans les fossés du château, dans le cadre de ce qui est connu sous le nom de l'Affaire du duc d'Enghien.

Source: Wikipédia